Conclusion

 

Il apparaît donc que, si les idées de discrimination raciale ont été exaltées dans une certaine littérature, pour en particulier servir les intérêts idéologiques et politiques de telle ou telle époque, le concept de « races » n’a aucune valeur scientifique. Les drames historiques créés par l’intolérance et le racisme sont suffisamment ancrés dans nos mémoires pour que l’on sache que la haine entraîne toujours la recherche de la différence, qu’elle soient réelle ou imaginaire, et la catégorisation arbitraire, pour s’y fixer. Chaque homme a un génotype qui lui est propre et une histoire individuelle particulière mêlée à celle d’un groupe ; nous vivons sur un continent, dans un pays, une région qui a une histoire et une culture qui lui sont propres. Nous avons des habitudes différentes, des langues différentes, et nous nous méfions de ce qui nous est étranger. Pourtant, nous sommes tous humains, et notre nature humaine ne fait aucun doute. Nous ressentons tous des émotions, au-delà de nos différences à les exprimer ; nous pouvons ne pas comprendre l’expression de l’émotion de l’autre, voire s’engager dans un malentendu. Nous sommes tous uniques, tous différents, et ne pouvons toutefois vivre qu’en communiquant avec les autres. En témoignent les cultures qui ont réussi ; leur succès est toujours passé par la cohésion sociale. Aussi, n’employons plus le mot « race » pour décrire les différences et la complexité humaine, mais préférons-lui la notion de « genre humain », composé de groupes divers et différents. « Les mots sont dangereux. Certains sont employés pour blesser et humilier, pour nourrir la méfiance et même la haine. D’autres sont détournés de leur sens profond et alimentent des intentions de hiérarchie et de discrimination. D’autres sont beaux et heureux. Il faut renoncer aux idées toutes faites, à certains dictons et proverbes qui vont dans le sens de la généralisation et donc du racisme. (…) La lutte contre le racisme commence avec le travail sur le langage. » (Tahar Ben Jelloun, Le racisme expliqué à ma fille, 1998) 

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